Parole d’Expert : Richard-Emmanuel Eastes

Par Guillaume Le Penher
Parole d'Expert Richard-Emmanuel Eastes et la résilience familiale

Chaque mois, nous interrogeons un expert ou une personnalité inspirante. Vous retrouvez ensuite la vidéo complète dans votre espace privé de cette plateforme (démarrez votre essai gratuit dès maintenant en vous inscrivant ici). Le 5 de chaque mois, nous publions ici une capsule sonore (écoutez celle de Richard-Emmanuel Eastes) qui est un extrait de l’interview. Dix jours plus tard, découvrez la première “Parole d’Expert” du mois sur ce blog. Cette courte synthèse graphique reprend un point précis du dialogue filmé. Elle permet de s’arrêter un instant sur un notion importante. Découvrons aujourd’hui la notion de “résilience familiale” avec Richard-Emmanuel Eastes.

Développer la “Résilience Familiale” – Richard-Emmanuel Eastes

Comme nous l’avons déjà mentionné dans la présentation de sa “Capsule Sonore”, Richard-Emmanuel Eastes aime faire sauter les barrières entre sciences, éducation, philosophie et culture. Sa réflexion est donc large.Il est passé du “micro” avec ses études de chimie à une vision “macro” qui embrasse toute la chaine de conséquences sociétales induite par une variable presque invisible. C’est le cas du réchauffement climatique, un thème qui lui est cher. Il tient en horreur les climatosceptiques, ces chantres du statu quo…

Nous n’avons pas abordé ce thème cette fois-ci. Mais cette conscience globale habite Richard-Emmanuel Eastes. D’ailleurs, il a profité du confinement pour construire une serre potagère chez lui, en Suisse ! Pendant notre entretien, voici ce qu’il a déclaré :

“La vie de nos enfants ne sera pas la continuité de la notre”…

Richard-Emmanuel Eastes

La pandémie du COVID 19 nous a brutalement fait prendre conscience que les choses peuvent aller très vite. Qui s’imaginait en embrassant ses amis sous le gui du 1er janvier que l’année 2020 prendrait cette tournure ? Stephen King a déjà décrit dans un de ses romans une pandémie brutale mais c’est un romancier…

Bien sûr, cette pandémie fait réfléchir. Le cerveau humain aime les challenges et celui de Richard-Emmanuel particulièrement ! Alors, nous avons abordé un sujet qui va se poser comme un thème crucial dans les mois, années à venir : la résilience familiale.

La résilience familiale, c’est notre capacité à nous adapter, à rebondir, à trouver de nouvelles voies et les transmettre à nos enfants. C’est aussi les préparer à la pénurie comme une coupure géante d’internet ou l’absence de papier toilette (si, si  cela peut arriver !). Habituer nos enfants à une vie plus frugale fait également partie de cet apprentissage du futur. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’avenir ne promet pas “plus de tout” à la nouvelle génération. Le “buffet à volonté” ou “l’open bar” sont révolus !

Il y a donc une rupture en cours. Face à ce constat, Richard-Emmanuel Eastes nous suggère 7 axes de développement pour affronter ce nouveau paradigme.

Parole d'Expert Richard-Emmanuel Eastes et la résilience familiale

1/ L’autonomie :

Aider nos enfants à développer leur autonomie est primordial pour Richard-Emmanuel. Des compétences simples comme faire à manger, savoir programmer le lave linge, dénuder un fil électrique (débranché bien sûr 😉 ) ou changer une ampoule ou les piles de la télécommande permettent aux enfants de gagner en sécurité. En tant que parents, nous allons encore plus loin en permettant à notre fils de 7 ans de préparer et d’allumer le feu dans le poêle ou le barbecue. Cela lui donne un sentiment de confiance en lui. On garde évidemment un oeil sur lui car le jeu reprend vite le dessus sur la responsabilité à son âge.

Établir son planning et s’y tenir est une compétence importante pour l’autonomie. Pendant le confinement, notre fille de 12 ans a énormément progressé en planifiant elle-même ses temps d’étude et de loisirs.

2/ S’occuper d’animaux :

Chez Richard-Emmanuel Eastes il y plein d’animaux, y compris des lapins et des chevaux ! Lorsque les enfants prennent soin d’eux, ils développent également des qualités humaines. Le contact physique et la responsabilité de ces “petites vies” les font grandir.

3/ Se restreindre :

Apprendre la pénurie, faire avec ce qu’il y a. Nous ne sommes pas en guerre et pourtant, les semaines passées nous ont montré que notre modèle de consommation est très fragile. Nous découvrons qu’il est très sensible aux à-coups. Un petit grain de sable et tout s’enraye. Pénuries (bien souvent engendrées par un comportement inapproprié des consommateurs) puis gaspillages (comme ces pommes de terre dont on ne sait que faire depuis la fermeture des restaurants et cantines). Nous devons modifier notre attitude face à la “rupture de stock”. Notre frustration doit laisser la place à la créativité (voir juste après). La restriction ne doit pas engendrer de la tension mais de la maitrise de soi, développer notre volonté. L’expression “enfant gâté” vise injustement les plus jeunes alors que ce sont plutôt les plus grands qui ont le plus de mal à s’adapter. D’ailleurs, ces enfants se sont-ils gâtés seuls ?…

4/ Être créatif :

L’invention et la créativité sont des ressorts puissants du développement humain. Ils font partie des mécanismes d’adaptation autant que sociaux. La créativité, c’est trouver une manière originale de résoudre un problème. La création apporte du plaisir, souvent partagé. C’est un état d’esprit que nous devons cultiver chez nos enfants.

5/ Diversifier ses compétences :

Face à l’hyper-spécialisation, Richard-Emmanuel Eastes nous enjoint à acquérir et enseigner à nos enfants des savoirs et compétences variées. Nous vivons dans une société du savoir. Les nouvelles technologies accélèrent le processus de diffusion du savoir manière exponentielle. Nous sommes (ou devons être) tous d’éternels étudiants du monde. Montrons à nos enfants que l’apprendre ne se résume plus au cursus scolaire mais se poursuit toute la vie. Maitriser des compétences utiles et diversifiées (cuisine, bricolage, jardinage) sont autant de cordes à nos arcs. Chaque nouvelle compétence augmente notre capacité de résilience. Au sein du couple ou de la cellule familiale, cultivons l’art de la complémentarité. Que chacun apporte sa caisse à outil personnelle, en fonction de ses compétences et Forces de caractère. La résilience familiale a tout à y gagner !

6/ Prendre soin de son corps :

l’alimentation et l’activité physique régulière sont les 2 piliers de la santé physique et mentale. Il ne s’agit pas uniquement d’obésité, de cancer ou de cholestérol. De nombreuses études le prouvent, le sport est efficace pour lutter contre la dépression ou les troubles mentaux. Prendre soin de son corps, le garder affuté, est une excellente façon d’être prêt à toutes les situations de la vie.

7/ Sortir de sa zone de confort :

Cultiver le goût du défi, l’art de se challenger. Si on applique les 6 axes précédents, on va devoir sortir régulièrement de notre zone de confort ! Accepter de le faire régulièrement, nous fait prendre des risques. Le premier risque est celui de l’échec. En sortant de notre zone de confort et en acceptant les retours critiques de nos échecs nous développons notre “état d’esprit de croissance” (growth mindset”).

Ces 7 axes préconisés par Richard-Emmanuel Eastes dans l’entretien qu’il nous accordé prouvent que nous sommes en train de changer de monde. De telles considérations il y a quelques années auraient été frappées du sceau de l’utopie. Aujourd’hui, ce sont d’excellentes bases pour développer votre résilience familiale.

Sophie & Guillaume

Parents en constante progression !

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